Le Livre du Plaisir (Amour de Soi) [2eme partie]
LA POSTURE DE LA MORT
Les idées de Moi en conflit ne peuvent être assassinées, par leur résistance elles constituent une réalité – nulle Mort, nulle ruse ne les ont vaincues mais sont leur renfort d’énergie. Les morts naissent encore et encore mensonges dans la matrice de la conscience. Admettre la maturité est affirmer le déclin – lorsque par la non-résistance se font la rétrogression vers la simplicité primordiale et une transition vers l’originel et l’unité sans l’idée. De cette idée provient la formule de la non-résistance en germination : ‘Pas d’importance-fais-toi plaisir’.
La conception du « Je ne suis pas » doit nécessairement suivre la conception du « Je suis », à cause de sa grammaire, comme il est sûr qu’en ce triste monde la nuit doive suivre le jour. La reconnaissance de la douleur comme telle implique l’idée de plaisir, et ainsi en est-il de toutes les idées. Par cette dualité, qu’il se souvienne de rire à tous moments, de reconnaître toutes choses, de ne résister à rien ; alors n’y a-t-il plus de conflit, d’incompatibilité ou de compulsion en tant que tels.
Transgresser la Conception par un Symbolisme Lucide
L’Homme implique la Femme, je les transcende par l’Hermaphrodite qui implique à son tour un Eunuque (1) ; toutes ces conditions, je les transcende par un principe de ‘Ni Ceci‘, et bien qu‘un ‘Ni Ceci‘ soit vague, le fait de le concevoir prouve sa nature palpable, et implique à son tour un ‘Ni Cela‘ (2) *.
Mais le principe ‘Ni Ceci-Ni Cela’ de ces deux est l’état où l’esprit a dépassé la conception, il ne peut être équilibré, puisqu’il n’implique que lui-même. Le principe ‘Je’ a atteint l’état de ‘Pas d’importance-pas besoin’, et n’est pas lié à la forme. A l’exception de lui, et au-delà de lui, pas d’autre que lui, par conséquent lui seul est-il total et éternel. Indestructible, il a pouvoir de détruire – et donc lui seul est véritable liberté et véritable existence. De lui nous vient l’immunité contre toute souffrance, et donc l’esprit de l’extase. Renonçant à tout par les moyens montrés, prenez refuge en lui. Sans doute est-ce la demeure du Kia ? Ayant été une fois atteinte (même Symboliquement) elle est notre inconditionnelle libération de la dualité et du temps – croyez en cette vérité. La croyance libre de toutes les idées sauf de plaisir, le Karma, via la loi (déplaisir), rapidement s’épuise. En ce moment au-delà du temps, une nouvelle loi peut devenir incarnée, sans le prix de la tristesse, chaque vœu étant exaucé, car il (3) est devenu celui qui satisfait de par sa loi. La nouvelle loi sera l’arcane du mystique déséquilibré ‘Pas d’importance-pas besoin’, il n’y a pas d’obligation, ‘fais-toi plaisir’ est son credo (4).
En ce jour peut-il y avoir délibération. Sans sujétion, ce que vous désirez croire peut être vrai. ‘Il’ (5) est satisfait de cette imitation, la vérité à moi révélée par tous les systèmes de gouvernement, bien que lui-même ne soit pas gouverné ; Kia, la suprême félicité. Telle est la glorieuse Science de se plaire à soi-même via un nouveau contrat, l’art de l’Amour de Soi par la reconnaissance, la Psychologie de l’extase par la non-résistance.
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(1) Sans sexe.
(2) Etant duels, ils possèdent des analogies avec certains principes sexuels primordiaux dans la nature. Ils sont exposés plus avant dans l’alphabet sacré, étant trop abstrus pour pouvoir être expliqués par les mots et la grammaire orthodoxes.
(3) L’Ego.
(4) La croyance recherche toujours le démenti – plénitude par la multiplication, elle demeure libre si toujours elle se souvient de ceci.
(5) « Il », l’Ego, devient maintenant ‘l’Absolu’.
* NDT : Nous rendons ‘Neither-Neither’ par ‘Ni Ceci-Ni Cela’. La fin de cette phrase pourrait se traduire, littéralement, par : « …et implique à son tour un ‘Ni Ceci’ différent ».
Le Rituel et la Doctrine
Étendu paresseusement sur le dos, le corps exprimant l’émotion du bâillement, soupirant tout en concevant par le sourire, telle est l’idée de la posture. Oubliant le temps, avec ces choses qui étaient essentielles reflétant leur insignifiance, le moment est au-delà du temps et sa vertu est arrivée.
Se tenant sur la pointe des pieds, avec les bras raides, tenus en arrière par les mains serrées et tendues à l’extrême, le cou étiré, respirant de façon spasmodique et profonde, jusqu’à ce que vertige et sensation vienne par rafales, amènent épuisement et aptitude au premier.
Contemplant votre reflet jusqu’à ce qu’il devienne flou et que vous ne connaissiez plus celui qui contemple, fermez les yeux (cela arrive d’habitude involontairement) et visualisez. La Lumière (toujours un X aux évolutions curieuses) que l’on voit devrait être maintenue, on ne devrait jamais la laisser partir, jusqu’à ce que l’effort soit oublié, ce qui procure une sensation d’immensité (qui perçoit une petite forme « illustration »), dont vous ne pouvez atteindre les limites. Cela devrait être pratiqué avant ce qui précède. L’émotion ressentie est la connaissance qui vous dit pourquoi.
La posture de la mort est son inévitabilité accélérée, par elle nous échappons à notre interminable retard – par son attachement, l’Ego est balayé comme une feuille sous le vent violent – dans la rapidité de l’indéterminable, ce qui est toujours sur le point d’arriver devient sa vérité. Les choses allant de soi cessent d’être obscures, car de sa propre volonté il fait plaisir, tenez cela pour la négation de toute foi en la vivant, la fin de la dualité de la conscience. La croyance, un état positif de mort, tout le reste est sommeil, un état négatif. C’est le corps mort de tout ce que nous croyons, et il se réveillera cadavre mort. L’Ego sujet à la loi recherche l’inertie dans le sommeil et la mort. Connaissez la posture de la mort et sa réalité dans l’annihilation de la loi – l’ascension hors la dualité. En ce jour de lamentations sans larmes l’univers sera réduit en cendres… mais échappe au jugement! Et qu’en est-il du ‘Je’, ô malheureux homme! En cette liberté il n’est nulle obligation, qu’oserais-je dire de plus ? Je préfère commettre plus de péchés que me compromettre. Il existe de nombreux exercices préliminaires, aussi innombrables que les péchés, futiles en eux-mêmes mais désignant les moyens terminaux. La posture de la mort, dans la réduction de toute conception (péché) au ‘Ni Ceci-Ni Cela’, jusqu’à ce que le désir soit satisfaction par l’acte de vous faire plaisir. Par ceci et rien d’autre se fait l’inertie de la croyance ; on obtient la restauration de la nouvelle sexualité et l’amour de soi – toujours originel – en liberté. La vacuité (ou croyance) primordiale ne s’obtient pas via l’exercice de concentration de l’esprit sur une négation de toutes les choses concevables, l’identité de l’unité et de la dualité, du chaos et de l’uniformité, etc., etc., mais en réalisant cela maintenant, et non pour finir. Percevez et ressentez sans le besoin d’un opposé, mais par son proche. Percevez la lumière sans ombre qui de par sa couleur fait contraste, en évoquant l’émotion du rire au moment de l’extase dans l’union, et par la pratique jusqu’à ce que l’émotion soit inlassable et subtile. La loi de réaction est vaincue par l’inclusion. Jouirait-il de centaines de plaisirs en même temps, combien plus grande son extase, il ne la perd pas, elle augmente grandement. Qu’il pratique donc quotidiennement, jusqu’à ce qu’il parvienne au centre du désir. Il a imité le grand dessein. Ainsi, toutes les émotions devraient trouver leur équilibre au moment de l’émanation, jusqu’à devenir une. Ainsi, en protégeant la croyance et la semence de la conception, elles deviennent simples et cosmiques. À leur lumière, rien qui ne puisse être expliqué. Pour sûr, je trouve la satisfaction dans l’extase. Je viens de vous dire un secret de grande importance, enfant j’en eus connaissance. Même en œuvrant assidûment à une vacuité de croyance, l’on est suffisamment cosmique pour pouvoir habiter dans le plus intime des autres et jouir d’eux. Peu d’hommes savent ce qu’ils croient et désirent réellement, qu’il commence, celui qui voudrait savoir, par localiser sa croyance, jusqu’à ce qu’il perçoive sa volonté. Existant comme duelles, elles sont identiques en désir, de par leur dualité il n’y a pas de contrôle, car volonté et croyance toujours diffèrent, et chacune modèlerait l’autre à ses fins, et pour finir aucune ne gagne, la joie étant une tanière de la douleur. Qu’il les unisse.
LES TROUBLES ENNEMIS NES DE LA STAGNANTE AUTO-HYPNOSE
La croyance naturelle est l’intuition qui contraint la croyance via cela qui est tour à tour ressenti comme réagir, et comme dominer ; toute chose doit s’associer via son émotion définie, stimulée par celles-là en harmonie ; celles discordantes perdent de la puissance et s’inhibent. Donc, de par ses propres manœuvres, la croyance est-elle limitée et déterminée pour vous. On peut faire remonter la majorité de nos actions à un désir subconscient (de liberté) en conflit avec l’habitude, une obéissance au fatalisme inhérent tenant à des actions ‘bonnes et mauvaises’ déjà commises (dans l’existence passée) contre une moralité observée (1) et dont la réaction s’exprime comme la spontanéité, l’involontaire, l’autonomie, le prémédité, etc., selon l’occasion qui se présente. Le reste est dû à une doctrine morale traditionnelle et contradictoire, laquelle est devenue constitutionnelle (en partie adoptée pour régir et régler cette réaction). A son origine, une idée de ce qu’il était alors pratique de considérer bon et mauvais… Pour maximaliser le plaisir via un compromis arbitraire entre abstention et réalisation de désir redouté. Assimilées à la tromperie de leur origine divine, ses croyances sont récompense pour l’obéissance, punition pour la transgression, devant toujours être vraies (en ce monde et l’autre). Ce code moral est un burlesque dramatisé de la faculté conceptrice, mais n’est jamais simple ou parfait au point de permettre une latitude de changement dans quelque direction que ce soit, et il devient donc dissocié de l’évolution, etc. ; et ce divorce perd toute utilité, mais étant de toute nécessité pour son propre maintien et la sympathie désirée, il développe des contradictions ou une complication pour déboucher sur une relation. Enfreignant ses commandements, l’improbité nous montre son iniquité, pour notre justification ; ou nous créons simultanément une excuse ou une raison pour le péché par une distorsion du code moral, permettant quelque incongruité. (Gardant usuellement quelques péchés impardonnables – et une tradition établie.) Cette confession négative est un rationalisme feint permettant des excuses adventices… un processus d’aveuglement visant à nous satisfaire, à sommairement nous convaincre de notre droiture. Qui d’entre nous possède une autre excuse que l’amour de soi ? Nous ne créons ou ne confessons pas une moralité qui soit commode, qui tende à croître et demeure simple, permettant la transgression sans excuse ou punition. Il serait sage et raisonnable de faire ainsi, quel que soit l’état des affaires dans notre esprit. Nature finit par nier ce qu’elle affirme : via l’association permanente au même code moral nous aidons le désir à transgresser. Le désir de ces choses est nié, plus vous vous restreignez plus vous péchez, mais le désir également désire la préservation de l’instinct moral, de sorte que le désir est sa propre contradiction (et assez faible). N’ayez pas peur, le Taureau de la terre n’a depuis longtemps plus rien à faire avec votre conscience impure, vos stagnantes idées de moralité. Seul le microbe semblerait dénué de peur!
La Complexité de la Croyance (Connais-Toi Toi-Même).
La nature de la croyance égale toutes les possibilités finalement vraies par l’identification, via la culture, à une idée de temps, de sorte que ce qui n’est pas à temps n’est pas vrai, et que ce qui n’est pas vrai est pronostic. Penser à une chose implique la possibilité d’une autre idée, contradictoire mais non dissociée, la croyance c’est en rendre ‘une’ plus convaincante. La condition de la croyance est le déni ou limite imposé à la capacité de la vitalité. Croire est en soi une concentration et une éducation visant à exclure l’implicite en adoptant une hypothèse ou foi qui reflète sans tracas ou rationalise frauduleusement le rejeté. La vérité n’est pas la vérité de la formule.
Le centre de la croyance est l’amour de soi, projetant l’environnement pour l’accomplissement mais permettant sa distorsion pour simuler le déni, l’ambition de devenir ultérieur au désir de soi, mais l’on ne peut aller plus loin que le centre, de sorte que l’on multiplie (l’on croit) afin d’être plus ignorant du fondamental. Or ce refus de croire à ce qu’on croit, et exactement à ce qu’on croit, est la première condition pour tous ceux qui sont dans le désir, en quelque sens que ce soit ; l’homme qui se trouve par force en amour devient un menteur, auto-hypnotisé par sa morbide ornementation. Vous connaissez les résultats… Vous ne pouvez que ‘vraiment croire’ en une chose, bien que sa perfection soit essentielle (de même que la vérité semble tuer (2)), ce pourquoi la chose imaginée toujours se perpétue. L’imagination apprend que l’idée est sa compulsion. Afin d’expliquer le ‘pourquoi’ d’une croyance (ou de toute autre chose), nous devons transcender son schisme. Par la pleine conscience de comment le moi aime, voilà le moyen. Comme nous imitons cette loi de dualité en tous nos processus de croyance, c’est moins simple que ça en a l’air. Qui a transgressé la loi de conception ? Qui est sans peur ? Encore que par ce péché, voici la connaissance de ce qui détermine le Constitutif du Corps. Attendre ou forcer gracieusement la déception au moment du désir fournit le moyen de localiser sa tromperie, une conscience qui seule accorde la chance d’enquête. Au-delà se trouve quelque chose d’arbitraire, le pauseur, le décréteur de la loi, l’imiter par ‘la raison’ n’est que damner les conséquences. La raison est croyance, la croyance est crainte de ses propres possibilités, la foi que vous n’êtes même pas toutes les merveilles de la création, sans parler de la possibilité d’être le créateur. Il s’agit d’un retard… La croyance mérite bien la terrible haine de la vitalité. La croyance n’est pas la liberté. La croyance crée son expérience nécessaire, le progrès germe dans la rétrogression. Considérez que la réalité existe quelque part : et votre croyance pourrait être trop petite pour lui servir d’habitation. Oh, vous qui avez beaucoup foi en Dieu, fondez-y-vous par le culte du moi! Ah! homme insensé, adore le glorieux en liberté. Lorsque la mort approche, la foi en Dieu et le désir de la femme ne vous sauveront point, à quoi servent-ils lorsque flétrissement et déclin s’installent et que le corps devient un objet de dégoût ? Et à quoi servent connaissance et charité lorsque la réalité est connue ? Dégaine l’épée du moi ; les idées du Tout-Puissant devraient être constamment tuées et l’on devrait enquêter sur sa droiture.
Quiconque étudiera un peu sa vraie nature, le ‘moi’ enquêtera sur son extraordinaire conduite. Il peut contraindre toute chose sans l’offenser. De même que la tendance du plus lascif cesse devant la publicité et la mort, ainsi cessent morale et foi devant la parfaite béatitude. Un aperçu de la vérité est né de la pureté en amour : lorsque le désir est sans peur, lorsqu’il ne désire point la possession. Lorsque la pensée est comblée par la vision. Le feu qui est tout plaisir est licencieux selon sa volonté, il est attraction, le point de mire des femmes. Lorsque le principe de croyance est exempt de foi, laquelle est aussi stérile que posséder des idées de Dieu – il est indestructible. C’est seulement lorsqu’il n’est aucune peur sous aucune forme qu’il y a réalisation de l’identité avec la réalité (liberté). Pour eux, nul danger dans la négligence, ne s’y trouvant aucune discrimination. Pour celui ayant conscience de la plus légère différenciation, il y a peur. Aussi longtemps qu’il y a perception de la honte de soi ou conscience, il y a de la douleur en germe : il n’y a pas de liberté. Celui qui croit à tout ce qu’il perçoit ou imagine tombe dans le péché. En croyant sans ressentir de trouble, oubliant les idées d’extérieur et d’intérieur, il regarde toute chose comme moi, et est la conscience de la non-résistance, il n’a pas d’horizon : il est libre. Observant les yeux étoilés et les bouches en cerise, les seins et les reins de femmes splendides, vous devenez affectueusement attaché, mais si vous avez peur, songez constamment qu’ils ne sont que chair et os carbonisés de vous-même après la torture. L’espace entre l’éternel et le ‘moi’, ne s’agit-il point là de doctrine morale ? En ne croyant à aucun, l’on croit, et avec application, ne croyant pas et sans aucun trouble (par le processus du ‘Ni Ceci-Ni Cela’), le principe devient suffisamment simple et cosmique pour inclure ce que vous désirez toujours, et vous êtes libre de croire ce qui était impossible. Le désir est si puissant, il ne demande aucune permission, et n’en ressent aucune conséquence si ce n’est l’extase de sa possession. Rien ne peut prévaloir contre lui, il se consume, tel du celluloïd jeté au fourneau – la vieille folie consistant à promettre des choses au nom d’un ‘autre’ imaginé. A portée de main la liberté du Ciel, la Voie, la Vérité et la Lumière, et nul n’ose dire cela de lui si ce n’est moi, en Vérité moi seul suis ‘Moi’, ma volonté inconditionnée, qui est magique. Ceux qui ont beaucoup vécu en accord avec leur nature seront dans une certaine mesure familiers d’une telle sensation, aussi pauvre soit-elle.
(1) La moralité élémentaire ou peur de déplaire.
(2) Et tue lorsqu’elle est redoutée.
PREFACE A L’AMOUR DE SOI
Soyons honnêtes! Vous êtes ‘cela’, suprême pour ce qui est de la liberté, fort désirable, au-delà du désir, non touché par les six stupéfiants. La sexualité laboure, de sorte que la Mort peut moissonner sur demande*. Les illusoires fantaisies des sens sont dangereuses, à cause de la droiture que vous avez appris pour leur obéir et les contrôler. Le feu de l’enfer brûle parce que vous avez ‘conçu’ ; et il cessera de vous faire du mal lorsque vous identifierez l’Ego avec toutes les possibilités de ses qualités en croyant comme processus ‘Ni Ceci-Ni Cela’. Vous êtes feu – et cependant brûlé! Parce que vous avez ‘voulu’ la croyance (différemment ou non – cela ne fait aucune différence) ; le cycle de la croyance se poursuit et toujours astreint, de sorte qu’un jour vous deviez croire différemment et que le feu ne vous blessera plus – vous êtes sauvé ? Il est d’autres moyens de vous blesser ?
En cet état qui n’est point, il n’est aucune conscience d’aucun ordre que vous êtes ‘cela’ (Kia), lequel est superbe, hors de portée des définitions : il n’est pas de tentation de liberté, ‘cela’ n’était pas la cause de l’évolution. D’où que ‘cela’ soit au-delà du temps, de la conscience ou de l’inconscience, de tout ou de rien, etc., cela je sais via le ‘Ni Ceci-Ni Cela’ qui est automatiquement derrière toute conception, toujours libre en tout sens que ce soit. Peut-être ‘cela’ peut-il cesser d’être obscur via une continuelle réflexion après coup, et vaguement ressenti par la main de l’innocence – mais qui comprend des significations aussi simples ? ‘Cela’ n’est jamais perçu, étant l’imperceptible Extase de ‘Ni Ceci-Ni Cela’ – toujours présent mais caché par l’épuisement via le cycle de l’Unité. La certitude de la conscience est toujours incertitude du perçu et de l’expérimenté, quel que soit son état, le doute constant épelant la peur, la souffrance, le déclin, et le reste – la cause de l’évolution, l’éternelle imperfection.
Ô, désir, écoute! Au point de la virulence, le désir spirituel est aussi fatal que le sensuel. L’aspiration à un ‘suprême’ est un enchevêtrement de mortels désirs en raison de la couardise qui s’y trouve, ergo, une sagesse insatisfaite attendant l’exploitation pour subir ses évolutions. Il n’est pas de sagesse finale – il n’est pas de désir final. Comment tout peut-il cesser ? Aujourd’hui s’est-il jamais achevé ? Ces choses sont perpétuité!
Une personne désire des choses de ce monde – mais quelle différence y-a-t-il à désirer la ‘Suprême Félicité’ ? Qu’est-ce qui est le plus égoïste ? Le plus proche de vous ? Qui plaît le plus au Créateur ? Etes-vous certain de la volonté du Créateur et êtes-vous sûr de votre propre désir ? Etes-vous le Créateur ou juste vous-même, comme vous imaginez naïvement vos satisfactions ?
Tous ces désirs, aussi puissants soient-ils, vous les incarnerez un jour – oui, des photos. Ces choses déjà existent – vous aurez très prochainement des photographies spirituelles (non truquées) – mais pas prises par l’appareil dont vous usez à présent. Le pionnier est toujours le vieux fou. Réflexion après coup : certains esprits sont d’ores et déjà photographiés – les microbes.
Etes-vous jamais libre du desideratum? La croyance est éternel désir!
Le désir est sa propre cruauté, une main qui s’enchaîne pour labourer dans tel ou tel monde – inconnu ; rien n’est toujours mort et nulle pensée ne meurt, le maître devient l’esclave – la position est alternée ; vous avez longtemps cru en cela, cela réside dans la chair de vos générations en compagnie du plus impitoyable des Juges! Le dédain de toutes vos réformes ou l’inversion de vos valeurs!
Cette constante malédiction, ce constant blasphème – peut-être trouvera-t-on plus de soulagement dans la connaissance de l’implacable maître d’œuvre qui voit le jour ?
Nos corps ne sont-ils point tous maculés de son sang ? Le monde n’a-t-il point toujours été sanglant ? Nos plaisirs ne consistent-ils pas à faire une pause pour boire le sang du carnage ? Ô, fieffés Menteurs, vous ne connaissez pas encore le mensonge, peut-être est-il Vérité!
L’Ego est désir, de sorte que toute chose est pour finir désirée et indésirable, le désir est toujours prévision préalable du terrible mécontentement caché par sa toujours présente gloriole. Le millénaire viendra et vite partira. Les hommes seront plus grands que les Dieux qu’ils ont jamais conçus – il y aura un plus grand mécontentement. Vous êtes toujours ce que vous étiez – mais pouvez l’être sous une forme différente!
Une personne ou une nation, aussi vaniteuse et satisfaite qu’elle soit, tombe immédiatement dans l’inconnu et inévitable désir, qui la consume peu à peu via ces conditions – toute condition!
L’esprit devient inébranlable dans le désir par le désir comme dévotion, mais lorsque cela est réalisé est-ce alors éternellement désirable? (ou même pour une période d’un million d’années). Au Ciel vos pieds seront enchaînés! Chassez donc l’idée d’après laquelle le désir est pur, ou impur, ou possède une perfection – chassez-la par le ‘Ni Ceci-Ni Cela’. Même si le désir vise l’épuisement du désir par le ‘Ni Ceci-Ni Cela’, ou sa concrétisation dans une épouse – c’est le désir – son évolution sans fin. Chassez donc, via le ‘Ni Ceci-Ni Cela’, le désir sous toutes ses formes. Chassez l’illusion d’après laquelle il y a Esprit et Non-Esprit (cette idée n’a jamais donné de bons résultats). Chassez toutes les conceptions par le même moyen.
Aussi longtemps que demeure l’idée qu’il existe en ce Monde, ou même dans les rêves, une ‘servitude obligatoire’, une telle servitude existe. Chassez les concepts de Liberté et de Servitude en tout Monde ou Etat par la méditation sur la Liberté dans la Liberté via le ‘Ni Ceci-Ni Cela’.
Car cela nous savons – le Vampirisme est suffisamment prouvé – même par la forte présomption de ce qu’à chaque fois que du sang est sucé, il l’est par des chauve-souris vampires, hormis la possibilité que cela soit dû à un agent divin ou humain!
Donc, Kiaisez le désir par le ‘Ni Ceci-Ni Cela’, la fort excellente formule bien au-delà du contentement – le vide qui tout étreint, réduisant ‘tout’ au sens commun et sur lequel repose cet Univers.
En conséquence, ne croyez rien dans ce Livre par le ‘Ni Ceci-Ni Cela’, et chassez la conception du ‘Ni Ceci-Ni Cela’ par le ‘Ni Ceci-Ni Cela’, et croyez que c’est ‘non-nécessaire’ ou la conclusion du plaisir que vous vous faites, car cela ‘N’a pas besoin d’être-N’a aucune importance’.
On croit ‘tout le temps’ à cela comme à la Vérité de ‘La Volonté’, non comme à la chose crue, les moyens menant à une fin signifiant évolution vers des moyens sans fin.
En cette fort remarquable simplicité, il n’y a ni début ni terme de sagesse, ou de quoi que ce soit, et donc comment peut-on la rattacher à la conception et à l’intelligence ?
* NDT : Ou, littéralement : ‘…par le désir’.
** NDT : Ou ‘votre contenu’. Ces deux sens de ‘your contents’ sont applicables.
L’AMOUR DE SOI COMME DOCTRINE MORALE ET VERTU
Le critère de l’action est la liberté de mouvements, l’à propos de l’expression, agréable. La valeur d’une doctrine morale réside dans la liberté qu’elle laisse à la transgression. La simplicité je tiens pour fort précieuse. Les choses les plus simples du monde ne sont-elles pas les plus parfaites, les plus pures, les plus innocentes, et leurs propriétés ne sont-elles pas les plus merveilleuses ? D’où qu’il s’agit de la source de la sagesse. La sagesse est très exactement le bonheur. Me faisant à moi-même plaisir dans l’amour – nécessairement sans excuses. N’est-ce point la perfection ? Les actions sembleraient insondables et incompréhensibles, si elles s’exhibaient conformes au grand dessein. Peu à même d’atteindre cela! Qui n’a pas honte ? Extase dans la satisfaction, voilà le grand dessein. Etre libre de la nécessité de la loi, le souhait se réalisant de lui-même, voilà le but dernier. La Loi repose sur le deux, deux est abondance, millions… la Loi est compliquée. Le second ne troubla point, le premier ne détermina point, pas plus qu’il ne fut contraint ou proposé. La chance en sport, ce n’est pas de la prophétie ; par elle avons-nous fait des progrès, suffisants pour être constatés… Préparez-vous à l’Eternel, retournez à la simplicité et vous êtes libre. Quel homme peut donner sans impulsion ? Seul celui possédant une sexualité complète. La plus grande bonté est alimentation du moi. Qu’allons-nous inclure dans le moi ? La parfaite charité acquiert, de sorte qu’elle bénéficie à toute chose en ne donnant point. Quel homme peut avoir la foi sans l’effroi ? Seul celui n’ayant pas de devoir à accomplir. Lorsque périt la foi périt le devoir envers les doctrines morales, nous sommes sans péché et souffrons à jamais dans l’amour qui tout dévore. Quel homme peut savoir avec certitude ? Seul celui ayant effacé la nécessité d’apprendre. Lorsque les enseignants se brouillent, à quoi sert d’apprendre d’eux ? Les sages ne sont pas querelleurs et n’ont pas de dogme à exposer… ils sont plutôt silencieux tel le nouveau-né à l’heure du biberon. Quel enseignant peut désigner la source de la sagesse ? C’est parce que je sais sans apprendre ; je sais la source et puis donner des leçons sans enseigner. La connaissance n’est que l’excrément de l’expérience : l’expérience sa propre répétition. Le véritable enseignant n’inculque pas de connaissance mais montre à celui-là sa propre surabondance. Gardant sa vision claire il le dirige ou le guide tel un enfant vers l’essentiel. Lui ayant montré la source de la sagesse, il se retire avant que la gratitude ou le sentiment ne s’installent, lui laissant le soin de fertiliser comme il le souhaite. N’est-ce point la voie du Ciel ? Celui qui se fie à son naturel fonds de génie, il n’a pas connaissance de son étendue et accomplit avec aise, mais dès qu’il doute l’ignorance l’obsède. Le doute fertilise dans la terre vierge. Il n’est plus sans crainte et devient couard en face des difficultés, son instruction même est peur. La différence entre le génie et l’ignorance est un degré de peur. Le début de la sagesse est la peur de la prudence – la réception de la connaissance dans l’instruction. Les enfants doutent, et abhorrent l’instruction. Pourquoi, même l’affection du courage a pour résultat l’intelligence! La différence entre bien et mal est une question de profondeur. Quel est le plus proche de vous, l’amour de soi et son immoralité ou l’amour et la morale ? Il n’est pas conscient du désert – le compagnon du Ciel, et le constant bonheur en la sagesse est la capacité de direction. De la glorification de soi, de l’exaltation de soi nous ressuscitons supérieurs à l’incapacité de la troublante crainte : le ridicule jusqu’à la destruction de l’humilité en repentir. Cet ‘amour de soi’ qui ne donne point mais est heureux de recevoir est la véritable occasion de se libérer de la convoitise, de la distraction combative du Ciel. Celui qui subordonne les instincts animaux à la raison, celui-là perd vite contrôle. Les animaux que nous voyons dans les cirques ne sont-ils point dressés par l’usage de la torture ? Et les animaux élevés dans l’amour n’assassinent-ils point leur maître? Le sage embrasse et élève toutes choses, mais n’agit pas comme maître. Ce n’est que lorsque les passions sont régies par un environnement étranger qu’elles constituent des dangers. Le contrôle se fait en laissant les choses œuvrer à leur propre salut – dès que nous interférons directement nous devenons identifiés, et sujets, à leur désir. Lorsque l’Ego voit l’amour de soi – il y a paix – il devient le voyant. Dès que nous désirons, nous avons tout perdu ; ‘nous sommes’ ce que nous désirons, et donc ne l’obtenons jamais. Ne désirez rien, et il n’est rien que vous ne réaliserez point. Le désir est de perfection, l’émotion inhérente que c’est le ‘tout-bonheur’, la toute-sagesse, en constante harmonie. Mais dès que nous croyons, nous sommes des menteurs – et devenons identifiés à la souffrance, encore que souffrance et plaisir ne soient qu’une seule et même chose. Et donc ne croyez en rien, et vous serez revenu à une simplicité à laquelle l’enfance n’est pas encore parvenue. Le sot demande comment ? – car nous devons croire en plaisir et souffrance. Or, si nous pouvions les éprouver simultanément (plaisir et souffrance) et nous tenir ferme à un principe ascendant, permettant la vibration de l’Ego au-dessus d’eux, n’aurions-nous pas atteint l’extase ? Or, la croyance est ‘l’Ego’, qui néanmoins le sépare du Ciel comme notre corps nous sépare de celui d’un autre… Et donc, en gardant la croyance dans la ‘non-nécessité’ (lorsque l’on conçoit), l’Ego est libre. L’émotion du rire est épuisement, la première souffrance – d’où qu’en faisant de cette émotion un ‘état mental’ au moment de l’unité (1) il unit souffrance et plaisir, les souffre simultanément et par la ‘non-nécessité’ de sa croyance, sa conception transcende ce monde et atteint l’extase absolue. Il n’y a pas de place où puissent entrer la souffrance ou la mort.
L’idée de Dieu est le péché primordial, toutes les religions sont maléfiques. L’amour de soi est sa propre loi, pouvant être impunément violée, étant l’unique énergie qui n’est point servile, servant son plan toujours au point. Pour sûr, n’est-ce pas tout ce qui nous est laissé, qui soit libre et sans péché ? En vérité, c’est la seule chose dont nous osons être conscients. Celui qui vraiment se fait plaisir est sans vertu, et il satisfera tous les hommes. La haine, la jalousie, le meurtre, etc., sont des conditions de l’amour, de même que la vertu, la cupidité, l’égoïsme, le suicide, etc., sont des conditions empêchant de se faire plaisir. Il n’est pas de péché plus écœurant que l’amour, car c’est l’essence même de la convoitise et la mère de tout péché, d’où qu’il possède le plus de dévots. Seul l’amour de soi est pur et sans congrégation.
Celui qui s’aime entièrement n’induit que l’amour de soi. En cela est-il inexorable, mais ne il ne pèche pas comme les autres hommes. Il est parent du grand dessein, ses actions sont expliquées pour lui, du bien étant perçu dans son mal, sans savoir, chacun étant satisfait de sa volonté. Le Ciel et la Terre ne s’unissent-ils pas quotidiennement en hommage spontané à cette volonté d’amour de soi ? Aucun homme ne peut montrer plus d’amour de soi qu’en abandonnant tout ce en quoi il croit. Pourquoi est-ce que j’estime cet amour de soi avant tout le reste? N’est-ce pas parce que je puis être libre de croire dans le mal, mais n’ai aucune idée de quelque chose pouvant me nuire ? Tout est amour de soi, les gens dans le monde, si seulement ils le savaient, sont ses dévots. Ma nouvelle loi est la grande clef de la vie. Si le monde pouvait comprendre cela, si l’édifice pourri était éliminé, ils suivraient diligemment la voie de leur propre cœur, il n’y aurait plus de désir de l’unité… Essayez d’imaginer ce que cela implique.
Puisse l’idée de dieu périr, et les femmes avec ; ne m’ont-elles pas, l’une et les autres, fait apparaître grossier ? Qu’il n’y ait aucune méprise, la pureté et l’innocence sont simplicité, le bonheur est sagesse. Ce qui est simple ne possède pas de dualité.
(1) Du Sexe, et à vrai dire de toutes choses.
LE LIVRE DU PLAISIR (AMOUR DE SOI) LA PSYCHOLOGIE DE L’EXTASE, par Austin Osman Spare (1909-1913). © copyright traduction française, 2002. Traduit par Jean-Luc Colnot et Philippe Pissier.
Illustration : Illustration d’Austin Osman Spare extraite de l’ouvrage The Book of Automatic Drawing.
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