Pourquoi choisir un nom magique ?
Par Phil Hine
Pourquoi les gens portent des noms magiques ? Peut-être pour impressionner leurs amis, mais plus souvent parce qu’ils souhaitent se créer un personnage dans la peau duquel ils pourront se glisser pour accomplir leur cuisine magique. C’est pourquoi la scène occulte est jonchée de Merlins, Morganas, Taniths, Circé, Taliesins, etc. – toutes les déclinaisons du folklore y passent. La personnalité magique est ce que vous devenez lorsque vous enfilez votre tenue rituelle, que vous allumez les bougies, l’encens et que vous commencez à jouer avec la réalité magique.
La différence fondamentale est que ‘vous’ , dans votre personnalité normale, pouvez avoir toutes sortes de doutes concernant cette histoire de magie et apprécier les longs débats sur les archétypes et autres choses du genre, tandis que votre personnalité magique est sûre à 110% (croisons les doigts) que ce que vous faites est efficace et va fonctionner, même si cela doit vous prendre toute la nuit ! Si vous avez déjà joué à « Donjons et Dragons », vous devez comprendre ce que je veux dire. Ce jeu n’implique que quelques bouts de carton, des tasses de café, des figurines en plomb, des dés et quelques feuilles de notes éparses. Pourtant, vous investissez votre personnage à un tel point que lorsqu’il / elle est tué, cela peut être un choc.
En magie, toutes les formes de préparation – dont le bannissement est l’un des éléments les plus importants – vous permettent de rentrer dans le rôle du magicien confiant et (espérons-le) puissant. Lorsque vous avez terminé, le deuxième bannissement vous empêche de descendre au bar du coin en continuant de vous comporter comme si vous étiez le maître du monde. Bon, dans l’absolu, vous pouvez le faire, mais tout le monde risque de ne pas apprécier.
Phil Hine. Extrait de « An Introduction to Banishing Rituals » sur le site de Phil Hine. Traduction par Melmothia, 2010.
3 Commentaires »
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En effet, il est utile (vital?) de se créer une biographie mythologique, aussi convaincante pour vous-même que pour les autres: si ce « persona », ce « masque » doit en passer par un « nom de scène », why not?
Mais c’est loin d’etre une solution sine qua non.
Jodorowsky en est un bon exemple (et son pote Moebius le parfait contre-exemple).
« aussi convaincante pour vous-même que pour les autres »: je corrobore, pour moi, il s’agit surtout de me convaincre moi-même en adoptant ce « personnage ».
Dans le jeu de rôle, on différencie la marionnette du marionetiste;
en pratique, à mon sens, on ne peux faire cette distinction, le nom magique doit plus être un outil, un moyen memotechnique (comme le « perdurabo » de Crowley ), que le signe d’ une schizophrénie débutante