Hakim Bey

Anarchisme

Anarchisme

Anarchisme par Hakim Bey

Qu’est-ce que l’anarchisme ?

Le Prophète Mahomet a dit que tous ceux qui vous saluent par « Salam ! » (paix) doivent être considérés comme musulmans. De la même manière, tous ceux qui s’appellent eux-mêmes « anarchistes » doivent être considérés comme des anarchistes (à moins qu’ils ne soient des espions de la police) – c’est-à-dire, qu’ils désirent l’abolition du gouvernement. Pour les soufis, la question « Qu’est-ce qu’un musulman? » n’a absolument aucun intérêt. Ils demandent, au contraire, « Qui est ce musulman ? Un dogmatique ignorant ? Un coupeur de cheveux en quatre ? Un hypocrite ? Ou bien est-ce celui qui tend à expérimenter la connaissance, l’amour et la volonté comme un tout harmonieux ? »

« Qu’est-ce qu’un anarchiste ? » n’est pas la bonne question. La bonne question c’est : « Qui est cet anarchiste ? Un dogmatique ignorant ? Un coupeur de cheveux en quatre ? Un hypocrite ? Celui-là qui proclame avoir abattu toutes les idoles, mais qui en vérité n’a fait qu’ériger un nouveau temple pour des fantômes et des abstractions ? Est-ce celui qui essaye de vivre dans l’esprit de l’anarchie, de ne pas être dirigé / de ne pas diriger – ou bien est-ce celui qui ne fait qu’utiliser la rébellion théorique comme excuse à son inconscience, à son ressentiment et à sa misère ? »

Les querelles théologiques mesquines des sectes anarchistes sont devenues excessivement ennuyeuses. Au lieu de demander des définitions (des idéologies), posez la question : « Qu’est-ce que tu sais ? », « quels sont tes véritables désirs ? », « que vas-tu faire à présent ? » et, comme Diaghilev le dit au jeune Cocteau : « Étonne-moi ! »

Qu’est-ce que le gouvernement ?

Le gouvernement peut être décrit comme une relation structurée entre les êtres humains par laquelle le pouvoir est réparti inégalement, de telle manière que la vie créatrice de quelques-uns est réduite pour l’accroissement de celle des autres. Ainsi, le gouvernement agit dans toutes les relations dans lesquelles les intervenants ne sont pas considérés comme des partenaires à part entière agissant dans une dynamique de réciprocité. On peut ainsi voir à l’œuvre le gouvernement dans des cellules sociales aussi petites que la famille ou « informelles » comme les réunions de voisinage – là où le gouvernement ne pourra jamais toucher des organisations bien plus grandes comme les foules en émeute ou les rassemblements de passionnés par leur hobby, les réunions de quaker ou de soviets libres, les banqueteurs ou les œuvres de charité.

Les relations humaines qui s’engagent sur un tel partenariat peuvent, au travers d’un processus d’institutionnalisation, sombrer dans le gouvernement – une histoire d’amour peut évoluer en mariage, cette petite tyrannie de l’avarice de l’amour ; ou bien encore une communauté spontanée, fondée librement afin de rendre possible une certaine manière de vivre désirée par tous ses membres, peut se retrouver dans une situation où elle doit gouverner et exercer une coercition à l’encontre de ses propres enfants, au travers de règles morales mesquines et des reliquats d’idéaux autrefois glorieux.

Ainsi, la tâche de l’anarchie n’est jamais destinée à perdurer qu’à court terme. Partout et toujours les relations humaines seront concrétisées par des institutions et dégénéreront en gouvernements. Peut-être que l’on pourrait soutenir que tout cela est « naturel »… Mais quoi ? Son opposé est tout aussi « naturel ». Et s’il ne l’était pas, alors on pourrait toujours choisir le « non-naturel », l’impossible.

Cependant, nous savons que les relations libres (non gouvernées) sont parfaitement possibles, car nous en faisons l’expérience assez souvent – et plus encore lorsque nous luttons pour les créer. L’anarchiste choisit la tâche (l’art, la jouissance) de maximiser les conditions sociales afin de provoquer l’émergence de telles relations. Puisque c’est ce que nous désirons, c’est ce que nous faisons.

Et les criminels ?

Les considérations ci-dessus peuvent être comprises comme impliquant une forme d’« éthique », une définition mutable de la justice dans un contexte existentiel et situationniste. Les anarchistes ne devraient probablement considérer comme « criminels » que ceux qui contrarient délibérément la réalisation des relations libres. Dans une société hypothétique sans prison, seuls ceux que l’on ne peut dissuader de telles actions pourront être livrés à la « justice populaire » ou même à la vengeance.

Aujourd’hui, cependant, nous ferions bien de réaliser que notre propre détermination à créer de telles relations, même de manière imparfaite et utopique, nous placera inévitablement dans une position de « criminalité » vis-à-vis de l’État, du système légal et probablement de la « loi non écrite » du préjugé populaire. Depuis longtemps être un martyr révolutionnaire est passé de mode – le but présent est de créer autant de liberté que possible sans se faire attraper.

Comment fonctionne une société anarchiste ?

Une société anarchiste œuvre, partout où deux ou plusieurs personnes luttent ensemble, dans une organisation de partenariat original, afin de satisfaire des désirs communs (ou complémentaires). Aucun gouvernement n’est nécessaire pour structurer un groupe de potes, un dîner, un marché noir, un tong (ou une société secrète d’aide mutuelle), un réseau de mail ou un forum, une relation amoureuse, un mouvement social spontané (comme l’écosabotage ou l’activisme anti-SIDA), un groupe artistique, une commune, une assemblée païenne, un club, une plage nudiste, une Zone Autonome Temporaire. La clé, comme l’aurait dit Fourier, c’est la Passion – ou, pour utiliser un mot plus moderne, le désir.

Comment pouvons-nous y parvenir ? En d’autres termes, comment maximiser la potentialité que de telles relations spontanées puissent émerger du corps putrescent d’une société asphyxiée par la gouvernance ? Comment pouvons-nous desserrer les rênes de la passion afin de recréer le monde chaque jour dans une liberté originelle du « libre esprit » et d’un partage des désirs ? Une question à deux balles – et qui ne vaut réellement pas beaucoup plus puisque la seule réponse possible ne relève que de la science-fiction.

Très bien. Mon sens de la stratégie tend vers un rejet des vestiges des tactiques de l’ancienne « Nouvelle Gauche » comme la démo, la performance médiatique, la protestation, la pétition, la résistance non-violente ou le terrorisme aventurier. Ce complexe stratégique a été depuis longtemps récupéré et marchandisé par le Spectacle (si vous me permettez un excès de jargon situationniste).

Deux autres domaines stratégiques, assez différents, semblent bien plus intéressants et prometteurs. Le premier est le processus résumé par John Zerzan [1] dans Elements of Refusal – c’est-à-dire, le refus de mécanismes de contrôle étendus et largement apolitiques inhérents aux institutions comme le travail, l’éducation, la consommation, la politique électorale, les « valeurs familiales », etc. Les anarchistes pourraient tourner leur attention vers des manières d’intensifier et de diriger ces « éléments ». Une telle action pourrait bien tomber dans la catégorie traditionnelle de l’« agitprop », mais éviterait la tendance « gauchiste » à institutionnaliser ou « fétichiser » les programmes d’une élite ou avant-garde révolutionnaire autoproclamée.

L’action dans le domaine des « éléments du refus » est négative, « nihiliste » même, tandis que le second secteur se concentre sur les émergences positives d’organisations spontanées capables de fournir une réelle alternative aux institutions du Contrôle. Ainsi, les actions insurrectionnelles du « refus » sont complétées et accrues par une prolifération et une concaténation des relations du « partenariat original ». En un sens, c’est là une version mise à jour de la vieille stratégie « Wobbly » [2] d’agitation en vue d’une grève générale tout en bâtissant simultanément une nouvelle société sur les décombres de l’ancienne au travers de l’organisation des syndicats. La différence, selon moi, c’est que la lutte doit être élargie au-delà du « problème du travail » afin d’inclure tout le panorama de la « vie de tous les jours » (dans le sens de Debord).

J’ai essayé de faire des propositions bien plus spécifiques dans mon essai Zone Autonome Temporaire (Autonomedia, NY, 1991) ; donc, je me restreindrai ici à mentionner mon idée que le but d’une telle action ne peut être désigné proprement sous le vocable de « révolution » — tout comme la grève générale, par exemple, n’était pas une tactique « révolutionnaire », mais plutôt une « violence sociale » (ainsi que Sorel l’a expliqué). La révolution s’est trahie elle-même en devenant une marchandise supplémentaire, un cataclysme sanglant, un tour de plus dans la machinerie du Contrôle – ce n’est pas ce que nous désirons, nous préférons laisser une chance à l’anarchie de briller.

L’anarchie est-elle la Fin de l’Histoire ?

Si le devenir de l’anarchie n’est jamais « accompli » alors la réponse est non – sauf dans le cas spécial de l’Histoire définie comme auto-valorisation privilégiée des institutions et gouvernements. Mais, l’histoire dans ce sens est déjà probablement morte, a déjà « disparu » dans le Spectacle, ou dans l’obscénité de la Simulation. Tout comme l’anarchie implique une forme de « paléolithisme psychique », elle tend traditionnellement vers un état post-historique qui refléterait celui de la préhistoire. Si les théoriciens français ont raison, nous sommes déjà entrés dans un tel état. L’histoire comme l’histoire (dans le sens de récit) continuera, car il se pourrait que les humains puissent être définis comme des animaux racontant des histoires. Mais l’Histoire, en tant que récit officiel du Contrôle, a perdu son monopole sur le discours. Cela devrait, sans aucun doute, travailler à notre avantage.

Comment l’anarchie perçoit-elle la technologie ?

Si l’anarchie est une forme de « paléolithisme », cela ne signifie nullement que nous devrions retourner à l’Âge de la pierre. Nous sommes intéressés par un retour au Paléolithique et non en lui. Sur ce point, je crois que je suis en désaccord avec Zerzan et le Fifth Estate [3] ainsi qu’avec les futuro-libertariens de CaliforniaLand. Ou plutôt, je suis d’accord avec eux tous, je suis à la fois un luddite et un cyberpunk, donc inacceptable pour les deux partis.

Ma croyance (et non ma connaissance) est qu’une société qui aurait commencé à approcher une anarchie générale traiterait la technologie sur la base de la passion, c’est-à-dire, du désir et du plaisir. La technologie de l’aliénation échouerait à survivre à de telles conditions, alors que la technologie de l’amélioration survivrait probablement. La sauvagerie, cependant, jouerait aussi nécessairement un rôle majeur dans un tel monde, car la sauvagerie est le plaisir. Une société basée sur le plaisir ne permettra jamais à la techné [4] d’interférer avec les plaisirs de la nature.

S’il est vrai que toute techné est une forme de médiation, il en va de même de toute culture. Nous ne rejetons pas la médiation per se (après tout, tous nos sens sont une médiation entre le « monde » et le « cerveau »), mais plutôt la tragique distorsion de la médiation en aliénation. Si le langage lui-même est une forme de médiation alors nous pouvons « purifier le langage de la tribu » ; ce n’est pas la poésie que nous haïssons, mais le langage en tant que contrôle.

Pourquoi l’anarchie n’a-t-elle pas marché auparavant ?

Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Elle a marché des milliers, des millions de fois. Elle a fonctionné durant 90 % de l’existence humaine, le vieil Âge de la pierre. Elle marche dans les tribus de chasseurs/cueilleurs encore aujourd’hui. Elle marche dans toutes les « relations libres » dont nous avons parlé auparavant. Elle marche chaque fois que vous invitez quelques amis pour un piquenique. Elle a « marché » même dans les « soulèvements ratés » des soviets de Munich ou de Shanghai, de Baja California en 1911, de Fiume en 1919, de Kronstadt en 1912, de Paris en 1968. Elle a marché pour la Commune, les enclaves de Maroons, les utopies pirates. Elle a marché dans les premiers temps du Rhodes Island et de la Pennsylvanie, à Paris en 1870, en Ukraine, en Catalogne et en Aragon.

Le soi-disant futur de l’anarchie est un jugement porté précisément par cette sorte d’Histoire que nous croyons défunte. Il est vrai que peu de ces expériences (sauf pour la préhistoire et les tribus primitives) ont duré longtemps – mais cela ne veut rien dire quant à la valeur de la nature de l’expérience, des individus et des groupes qui vécurent de telles périodes de liberté. Vous pouvez peut-être vous souvenir d’un bref, mais intense amour, un de ces moments qui aujourd’hui encore donne une certaine signification à toute votre vie, avant et après – un « pic d’expérience ». L’Histoire est aveugle à cette portion du spectre, du monde de la « vie de tous les jours » qui peut aussi devenir à l’occasion la scène de l’« irruption du Merveilleux ». Chaque fois que cela arrive, c’est un triomphe de l’anarchie. Imaginez alors (et c’est la sorte d’histoire que je préfère) l’aventure d’une importante Zone Autonome Temporaire durant six semaines ou même deux ans, le sens commun de l’illumination, la camaraderie, l’euphorie – le sens individuel de puissance, de destinée, de créativité. Aucun de ceux qui ont jamais expérimenté quelque chose de ce genre ne peut admettre, un seul moment, que le danger du risque et de l’échec pourrait contrebalancer la pure gloire de ces brefs moments d’élévation.

Dépassons le mythe de l’échec et nous sentirons, comme la douce brise qui annonce la pluie dans le désert, la certitude intime du succès. Connaître, désirer, agir – en un sens nous ne pouvons désirer ce que nous ne connaissons déjà. Mais nous avons connu le succès de l’anarchie pendant un long moment maintenant – par fragments, peut-être, par flashes, mais réel, aussi réel que la mousson, aussi réel que la passion. Si ce n’était pas le cas, comment pourrions-nous la désirer et agir peu ou prou à sa victoire ?

Anarchisme, Hakim Bey. Titre original : « The Willimantic/Rensselaer Questions » tiré de : Anarchy and the End of History, pp. 87-92. Traduction française par Spartakus FreeMann, avril 2009 e.v.

Notes :

[1] John Zerzan est un auteur américain anarchiste, philosophe du primitivisme. Ses travaux critiquent la civilisation comme oppressante dans son essence, et défendent des modes de vie conçus comme plus libres tirant leur inspiration des chasseurs-cueilleurs préhistoriques.

[2] Industrial Workers of the World ou IWW (les adhérents du syndicat sont aussi appelés plus familièrement les Wobblies) est un syndicat international fondé aux États-Unis en 1905 dont le siège actuel se trouve à Cincinnati dans l’Ohio. Aujourd’hui, l’organisation milite activement, et compte environ 2 000 membres à travers le monde. L’adhésion aux IWW ne requiert pas de travailler dans une entreprise où existe une représentation syndicale, ni n’exclut l’adhésion à une autre organisation syndicale.

[3] Revue anarchiste nord-américaine.

[4] La tekhnè ou technè, du grec τέχνη, désigne le savoir-faire des métiers de l’artisanat ou de l’art, l’action efficace chez les grecs de l’antiquité. Elle s’oppose chez Aristote à la praxis, qui est la sphère de l’action proprement dite.

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Nouvelle version de KAosphOruS, le WebZine Chaote francophone.

Ce projet est né en 2002 suite à une discussion avec un ami, Prospéro, qui fut à la source d’Hermésia, la Tortuga de l’Occulte. Le webzine alors n’était pas exclusivement dédié à la Magie du Chaos, mais après la disparition de son fondateur, il a évolué vers la version que vous pouvez aujourd’hui lire.

L’importance de la Chaos Magic(k) ou Magie du Chaos grandit au sein de la scène magique francophone. Nous espérons apporter notre clou au cercueil…
Melmothia & Spartakus FreeMann

  1. MonsieurJeSaisTout

    Il n’y a pas de vacation au pouvoir.

    Le « ni Dieu ni maître » est la phrase la plus ridicule qui existe.

    Et sincèrement je ne vois pas trop l’intérêt du texte. On dit que certains moments furtifs, je dirais même d’ordre poétique, sont en soit un fragment substantiel de l’anarchie. C’est intéressant. Et alors ?

    Ceux qui critiquent les structures gouvernementales sont ceux qui n’ont pas le pouvoir, c’est une recherche de morale pour justifier leur propre faiblesse. Et à bien y regarde, Hitler était plus anarchiste, même plus punk que cet auteur.

  2. Spartakus FreeMann

    Mouahaha, ton fascisme est le furoncle qui transparaît de mon postérieur, un lendemain de nuit trop morne, un lendemain de nuit trop pleutre pour te plaire.

    Ta spécieuse liquidité mortifère est très peu appréciable. Passe donc ton chemin pour, enfin, crever.

    Spartakus FreeMann, assassin des punaises de Thulé.

  3. Melmothia

    >>> On dit que certains moments furtifs, je dirais même d’ordre poétique, sont en soi un fragment substantiel de l’anarchie. C’est intéressant. Et alors ?

    Et alors, c’est tout. Ou plutôt c’est TOUT. Tu espères quoi d’autre ? Un vague succédané de romantisme réchauffé a suffi à Hitler pour soulever les foules. Mais ce n’était qu’une ombre. Ils ont pourtant senti comme un frisson. Le panem et circensi de nos politiciens en est un autre ersatz neutralisé. Vers quoi peut tendre l’humain sinon du vin et de la poésie – ce que le fascisme lui refusera toujours ?

  4. Spartakus FreeMann

    Allo ? Il y-a-t-il un cerveau en service ici ? Je crois que tout d’abord il te faudrait apprendre à lire et bien comprendre que ni de dieu ni de maître il n’est question ici . Du moins pas clairement écrit par l’auteur. Encore te faut-il user d’autre chose que le mauvaise foi qui fait ta vie et ta médiocre compréhension d’inutile insecte d’un monde politique invisible par sa puérilité.

    Ta critique pour valable devrait encore se fondre dans une forme de « lumière » qui te fait trop défaut, hélas. Donc, je préfère te chier à la gueule et te dire « ni crétins ni enculés sur mon site ».

    Sans salut ni même une once d’amitié.

    Spartakus FreeMann, le bien nommé.

  5. « ni crétins ni enculés sur mon site ». par Prospero ( = Spartakus ? )

    Je dois avouer être déçu d’une telle réponse, qui semble bien être une réponse « fasciste » (hahaha).

    Tu me dis crétin mais tu ne me connais pas. Tu me traites d’enculé (gratuitement >>> il y aurait donc une once d’amitié ?) alors que je ne suis pas homosexuel. Le mot « enculé » c’est un peu vague, un peu collégien.

    Aussi, pour un « Magicien du Chaos » libéré des dogmes et cetera…je trouve cette réponse un peu idéologique. Je trouve que c’est être tout, sauf subversif.

    Ton style est pesant, surtout lorsque tu surjoues tes insultes, pour faire le sympas, mais ce n’est qu’un détail, cela m’importe peu.

    Aparemment tu souhaites la mort aux gens parce qu’ils ne partagent pas les mêmes idées que toi, c’est étrange. Je te pardonne en l’attribuant à ton paradigme…

    Aleister Crowley semble être un de tes maîtres, bizarre au regard des opinions « politiques » qu’il avait..et renseigne-toi aussi sur, par exemple, un de ses biographes français..tu seras surpris(ou surprise) de voir à quel courant il appartient.

    Pour le reste, mise à part de mauvaises traductions d’auteurs anglo-saxon, que fais-tu pour te donner autant de légitimité ? Tu as l’air de combattre ce que tu n’as pas réussi à devenir. En réalité, les infiltrés comme toi qui politisent l’ésotérisme ( d’une manière grossière et à peine voilée ), le déservent.

    La règle d’or de la Magie c’est le silence, ce que les sociétés secrètes « fascistes » et chaotes observent ; le verbe est divin, et j’attends une argumentation plus fournie que « inutile insecte » et « mauvaise foi qui fait ta vie ». Des mots qui, je m’excuse, révèlent ta véritable personnalité.

    PS : et en parlant de mauvaise foi, tu sais bien évidemment que lorsque je faisais référence à « Ni Dieu ni maître » je faisais référence à l’« anarchie » en générale. Allô, y’a-t-il un cerveau ?

  6. Spartakus FreeMann

    Je dois avouer être déçu d’une telle réponse, qui semble bien être une réponse « fasciste » (hahaha).

    – Tout à fait, dans ta Weltangshauung biaisée mon insulte est une preuve de ta victoire idéologique et rhétorique. En ce sens donc, je suis un « fasciste » vis-à-vis de tout fasciste. « No pasaran » restera l’essence de ma philosophie et donc ce que je te destine ne peut être qu’insulte et pitié (à la limite).

    Tu me dis crétin mais tu ne me connais pas. Tu me traites d’enculé (gratuitement; il y aurait donc une once d’amitié ?) alors que je ne suis pas homosexuel. Le mot « enculé » c’est un peu vague, un peu collégien.

    – Ai-je besoin de te connaître ? A mon sens il faut être « crétin » pour sortir d’aussi vagues critiques sur l’anarchie, par pure provocation, par pur plaisir de venir chier là où l’on ne loge pas. Serais-tu plus précis dans tes idéaux que l’on pourrait dialoguer à un niveau qui sorte justement de ce ton « collégien » qui sue de ton phrasé. L’enculé n’est pas un homosexuel – pas toujours – tu le sais encore bien mieux pour me le servir ainsi. Le dictionnaire nous dit : « (Injurieux) Utilisé pour désigner une personne que l’on méprise fortement ». Il n’y a donc pas haine de l’homosexuel dans ce mot mais une taxonomie de ce qui transparaît de ta médiocre plume et de tes idées autant provocatrices qu’inutiles. Je te méprise donc et simplement.

    Aussi, pour un « Magicien du Chaos » libéré des dogmes et cetera…je trouve cette réponse un peu idéologique. Je trouve que c’est être tout, sauf subversif.

    – Le « magicien du chaos » n’a pas à aimer tout le monde, tu te trompes dans une approximation de savoir dans ce domaine, comme dans le reste, ce me semble. Donc, avant de venir donner la leçon, lis et apprends au moins un peu ce que peut et ne peut être la magie du chaos. Mon dogme est clairement identifiable et pour ne te donner qu’une leçon ce jour, il est aussi mutable que le plomb des alchimistes.

    Apparemment tu souhaites la mort aux gens parce qu’ils ne partagent pas les mêmes idées que toi, c’est étrange. Je te pardonne en l’attribuant à ton paradigme…

    – Je souhaite effectivement la disparition de ce qui est « danger » pour ma survie. Si la vipère se coule dans mon lit, pour magnifique que soit l’animal je le tue.

    Aleister Crowley semble être un de tes maîtres, bizarre au regard des opinions « politiques » qu’il avait..et renseigne-toi aussi sur, par exemple, un de ses biographes français..tu seras surpris(ou surprise) de voir à quel courant il appartient.

    – N’essaye pas de m’apprendre qui est qui dans ce jeu. Le biographe de Crowley, rassure-toi on le connaît bien, lui et ses idées. Cela dit le biographe ne fait pas le sujet. Et justement, le seul fait que Crowley soit « récupérable » par ce genre d’individus ne peut que nous pousser à en réclamer, nous aussi, la paternité.

    Pour le reste, mise à part de mauvaises traductions d’auteurs anglo-saxon, que fais-tu pour te donner autant de légitimité ? Tu as l’air de combattre ce que tu n’as pas réussi à devenir. En réalité, les infiltrés comme toi qui politisent l’ésotérisme ( d’une manière grossière et à peine voilée ), le déservent.

    – Pour une personne qui parlait tout à l’heure d’Evola, je trouve la mauvaise foi assez flagrante. Me reprocher de politiser l’ésotérisme ? Mais réveille-toi, tout est politique dans l’ésotérisme, toute politique est de l’ésotérisme. Ne pas être conscient de cette réalité c’est la subir.

    Maintenant, pour en arriver au centre de ton argumentaire : ma modeste personne. Mes traductions sont mauvaises ? Certes mais où sont les charitables ésotéristes qui fournissent autant de travail, gratuitement ? Où sont ces grandes âmes qui mettent les mains dans le cambouis ? Je n’en vois pas beaucoup. Je ne demande rien en retour, ni adulation, ni argent, mais encore moins une critique aussi vide de sens et mesquine que la tienne.

    Tu te gargarises du « silence » hermétique. J’aurais voulu garder le silence et te laisser passer, comme bien d’autres, tu sais ces cadavres sur la rivière… Cependant, la provocation était trop belle pour ne point l’aghoriser grandiloquement et lyriquement. Ma plume faconde et infatuée est ainsi à la hauteur du jeu que tu as désiré commencer avec moi. Tu es sans doute moins fasciste que provocateur, peut-être traditionnaliste comme d’autres sont intégristes. Cela me chaud peu à vrai dire mais je te remercie pour l’opportunité que tu m’as offerte de me lâcher un peu. Je ne suis ni gentil, ni chrétien, ni sympa. Ce que tu crois avoir dévoilé ici n’est que le risible truisme d’une personnalité déjà connue et ouvertement posée sur le net.

    Maintenant, la balle est dans ton camp. Si tu t’en sens l’envie et le courage, je te propose que tu m’écrives un texte sur ta position : anarchisme, magie du chaos, politisation de l’ésotérisme. Je te promets de la publier. Autrement, et bien bonne route à toi.

    Spartakus FreeMann

  7. Enantiodromie Fasciste

    C’est d’accord, j’écrirais un texte et je te l’enverrais lorsque j’aurais le temps.

    Je suis d’accord sur le fait que tu te décarcasses pour donner gratuitement des textes en français, et cela est tout à fait respectable.

    Mon texte sera modeste, certes, très modeste, étant donné que je dois avoir approximativement une vingtaine d’années de moins que toi. ( tu as donc 20 ans de lecture de plus, d’écriture…et cetera….)Mais peu importe.

    Je vais répondre brièvement sur quelques points.

    Je te reprochais de politiser non pas l’ésotérisme en général -je suis d’accord sur le fait que tout est politique dans l’ésotérisme- mais la Magie du Chaos, dans le sens où, en tout cas, tu sembles la présenter : sous un angle bien personnel, bien à « gauche ». C’est ton choix, je l’ai bien compris, mais je trouve dommage que tu politises ce « courant » qui justement avait la particularité d’être libéré des dogmes. Alors oui ! Tu me diras que c’est un creuset, que l’on en fait ce que l’on veut, mais je trouve regrettable cette dénaturation, car le lecteur n’a pas le choix. Il me semble avoir lu un de tes textes, une sorte de manifeste sur l’ésotérisme révolutionnaire. Je n’étais d’accord en rien avec les idées proposées dedans, mais tout à la fin, je dirais que la dernière phrase rachetait le tout ; c’était quelque chose dans le style que « personne n’est obligé de suivre cette ligne, c’est juste une idée, et ça n’a pas la moindre importance »…Mon reproche était donc une présentation subtile de la Chaos Magick , mais perverse pour ceux qui ne la connaisse pas…

    Je ne vois pas en quoi le fascisme est un danger pour ta survie. ( attention je ne suis pas nazi, qu’on s’entende bien )

    Je n’ai jamais dit que le Magicien du Chaos avait à aimer tout le monde, ce qui m’étonnait c’était cette réaction violente, insultante, digne d’une pucelle, dès que le mot fascisme apparaît. Pour des gens censés réfléchir, je trouve cela un peu politiquement correct…Je m’attendais à une réaction contradictoire mais j’ai eu des insultes, alors que je recherchais le débat. Même dans ton dernier post,j’ai encore des insultes…et pour quelqu’un qui aurait un dogme mutable comme le plomb des alchimistes ( belle métaphore je l’admets )je trouve ça un peu limite. Ton axiologie est-elle aussi mutable que tu le prétends ?

    Tu me destines de la pitié et des insultes…mais n’est-ce pas le fond du totalitarisme ? Refuser la dignité humaine à quelqu’un qui pense différemment ? Et pourquoi tant d’ardeur à lutter contre une personne envers laquelle on éprouve de la pitié ? Je vais t’éviter le « pasaran quand même », mais désolé, le « no pasaran » est peut-être l’essence de quelque chose, mais pas de la philosophie. C’est une phrase lancée à l’emporte-pièce, qui n’a pas vraiment de sens…et dont les tenants perdirent la guerre…

    Pour le dévoilement de ta personnalité : c’était pour moi, pour voir ce que tu pensais, et désolé mais tu es tombé dans le panneau. Ce n’était pas pour les autres, qui te connaissent sans doute, mais la lecture de tes textes ( pas tous ) ne m’apprenait rien sur l’auteur. Et cette question me taraudait l’esprit : certes, il semble anarcho-je-ne sais-pas-quoi mais comment réagirait-il avec quelqu’un ayant des idées différentes ? Je suis déçu du résultat mais j’ai ma réponse.

    Pour finir, ça ne va pas te plaire mais tant pis ( pas si sûr en fait ) : tu auras peut-être contribué à forger ma pensée ; car comme tu le sais ce sont les penseurs qui te contredisent qui t’apportes. En cela merci, et dis-toi que tu auras inspiré modestement un fasciste.

    Le mot de la fin : tu me méprises sans doute et cetera…mais il y a au moins une chose pour laquelle tu devrais ( même si j’en doute )avoir du respect envers ma personne. Je ne suis pas un occultiste de salon, et malgré mon jeune âge ( plus proche de la vingtaine que de la trentaine ) je suis un Magicien, j’ai une maîtrise que peut-être tu n’avais pas à mon âge. N’oublie pas que la Magie appartient à tous, y compris aux enculés comme moi, et contre ça, tu ne peux rien.

  8. Spartakus FreeMann

    Je vais laisser tomber les détails pour ne répondre que sur l’essentiel.

    Tu aurais voulu prouver ou découvrir quelque chose en venant chanter un trémolo cacophonique dans le joli concert anarcho-libertaire de Kaosphorus ? Je veux bien te suivre sur cette piste. Et donc, si je comprends bien l’argumentaire, tu t’attendais à une forme de rhétorique, de joute scripturaire idéologique ou, pour causer chaos, méta-paradigmale. Une forme, sans doute, d’accueil tiède mais ouvert, gentiment policé, assez du moins pour « dialoguer ». Ma réaction te choque ; ma violence verbale et mes insultes t’horrifient la sémantique ; ma position politique intransigeante t’est insupportable… T’attendais-tu réellement à un dialogue pensant qu’étant moi-même dans le domaine de l’ésotérisme, j’accepterais de dépasser les contradictions bassement politiciennes ? T’attendais-tu réellement, naïvement, à un bon accueil ? Je ne suis pas politiquement correct, car je refuse le droit de parole plénier à ceux qui voudraient me réduire au silence s’ils en avaient la possibilité. Ne te trompe pas – ta jeunesse n’excuse pas tout – il s’agit bien d’une guerre, larvée, puante, ignoble comme tous les conflits humains, mais dans cette lutte où s’affrontent deux visions du monde inconciliables, nous ne pouvons que nous exclure. Et la chaos magick, et l’ésotérisme et dieu lui-même n’y changeront rien. Désolé de briser des illusions – mais je ne crois pas le faire en réalité – mais les prémices de ton développement sont biaisées : dans le nouillisme ambiant qui voudrait que l’on dépasse les divergences idéologiques – je préfère humaines pour ma part – afin de devenir tous une bouillie tiédasse et imbuvable dans une médiocrité sociale où tout se vaudrait par ailleurs. Je refuse cela. Je suis ce que je suis, je suis celui qui suis et je n’ai pas à aimer ou à accepter ce qui m’est étranger.

    Désolé pour cette image, mais pour moi, le fascisme (ou toute idéologie de droite) est un cancer qui me menace comme il menace l’humanité. Ne viens pas me dire que je ne connais rien au fascisme – ou que je n’en connais que ce que l’on veut bien nous en dire – je suis d’origine italienne et ma famille a subi quelques désavantages à vivre sous la férule mussolinienne. Les délires corporatistes véhiculés par ce courant politique, qui ne sont en fin de compte qu’une redite de la séparation des races et de la société sur des bases assez spécieuses, me laissent froid. Est-ce un danger pour moi ? Oui, tout à fait et l’ignorer serait une preuve de folie ou de faiblesse. Tu sais très bien, et l’Histoire est là pour nous le rappeler, que si « ton camp » (quoique je puisse douter de ton orientation politique réelle) était au pouvoir, je ne serais plus là pour défendre ma vision de la société. Si « l’autre camp » gagnait la partie, je serais, peut-être, dans les premiers à disparaître dans quelque geôle sombre. Ne me demande donc pas d’être tolérant, la tolérance est le paravent des imbéciles ou des fourbes. « Tolérer », je te laisse chercher la définition dans le dictionnaire, ce n’est pas pour moi. Mais bref. Oui, je suis censé réfléchir, mais laisse-moi la liberté de ne pas aimer, de refuser et de combattre la vision du monde que tu pourrais me proposer.

    La chaos magick est-elle de cette ultra-gauche qui fait trembler les bons bourgeois des salons de magie cossus ? Je ne le crois pas véritablement. Cependant, pour en avoir discuté avec certains de ses fondateurs, je puis t’assurer qu’ils voient d’un très mauvais œil une possible récupération par l’extrême-droite. Et donc me diras-tu, pourquoi ne pas la dépolitiser ? Impossible, comme tu l’as reconnu toi-même tout ésotérisme est politique, la chaos magick aussi. Maintenant, que tout soit clair et audible, la chaos n’est pas plus de l’extrême-gauche et la vision de la chaos que je donne sur ce site est ma vision personnelle et jamais je n’ai prétendu le contraire. Si cela choque que je la préfère plutôt libertaire que liberticide et bien, tant pis. Ma vision du monde transparaît dans ma pratique sociale, politique et magique. Me demanderais-tu d’écrire du politiquement correct ? Du magiquement pur ? De la bouillie sans saveur ? « Soyez chauds ou froids, tièdes je vous recracherai de ma bouche » disent les Écritures. Pour en finir sur ce point, je voudrais juste relever ce que toi-même soulevais dans ta réponse. Il ne s’agit là que de ma vision, de mon parti-pris, de mes choix de vie, je ne les impose pas ailleurs mais, a contrario, je ne supporte pas que l’on cherche à m’en imposer d’autres sur mon site.

    Tu dis que mon approche et l’« image » que je donne de la chaos sont perverses. Soit, mais diantre où sont ceux qui en défendent une vision inverse ou même totalement neutre ? Qu’ils bossent, qu’ils se bougent afin d’offrir une alternative, mais moi, pourquoi me demander de changer, de me « pervertir » pour satisfaire à une atmosphère politiquement correcte car insipide à force de tout accepter comme étant « par ailleurs égal » ?

    Tu dis que je suis tombé dans le panneau ou est-ce l’inverse ? Tu es déçu d’avoir en face de toi non un « tolérant » prêt à dialoguer ouvertement et à « armes égales » sur un sujet qui ne peut que tomber dans le conflit et la confrontation. Mes insultes et mon lyrisme condescendant sont des outils bien utiles, la preuve… Je suis sans doute bien différent de l’être spirituellement élevé que tu t’attendais à trouver ; rien que de bien normal, « humains, trop humains ». Cela dit, je suis content pour toi qu’à ton âge – merci à ce propos de me vieillir – tu sois à ce point d’avancement qui devrait m’en faire trembler d’effroi. Je plaisante. Et, je suis d’accord avec toi, la magie appartient à tout le monde et jamais il ne viendrait à l’idée d’en exclure qui que ce soit, fût-il d’un bord politique adverse. J’en suis même à militer pour défendre la liberté de parole, même pour l’extrême-droite. Mais qu’on ne me demande pas pour autant d’en valider les thèses ni les conclusions.

    Pour conclure ici, j’attendrai ton texte (mais je ne suis pas Dalida) et s’il est bien torché je le publierai, même s’il défend l’envers de ce en quoi je crois. Mais, il faudra t’attendre à ma répartie acide en retour.

    Spartakus FreeMann

  9. Beh je pense pour ma part que l’anarchisme est mort et qu’il à été absorbé par Babylone en un simulacre de révolte commerciale

    Depuis quelques temps je pense que l’anarchie puise sa volonté dans la dissidence et nul part ailleurs, parce que qui dit anarchie/dissidence dit auto-gestion,squats et occupation d’immeubles vacants.

    Vivre à l’écart de la société civile est bien le nerf je suppose, de la voie dissidente et anarchiste.

  10. cliché-punk-chaote-junky

    Un pote skinhead m’a appris un truc, quand on dit des truc débile, ont file au bar boire une bière, après ca ira mieux…
    En tout cas ca en fait des lettres pour dire “ta gueule, t’as tord j’ai raison, et si ca te pose un problème j’t’éclate”
    C’est d’la bombe de perdre son temps a répondre au post vieux de 1 an..

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