Pratiques et Rituels

Un exemple de ritualisation avec les sigils

Un exemple de ritualisation avec les sigils

Par Ray Sherwin

Considérations préliminaires

1 – Pour les besoins de cet exemple, partons du principe que le magicien dispose d’un temple, c’est-à-dire, une pièce vide, si possible sans fenêtre. Supposons par ailleurs qu’il veuille opérer ce rituel afin d’accroître ses pouvoirs de guérison. La première étape consistera à définir clairement l’intention magique. Le magicien considère sa première idée : « Ma volonté est de devenir guérisseur », et la rejette à cause de son inexactitude. Il ne veut pas véritablement devenir un guérisseur, il veut demeurer ce qu’il est, mais être, en plus, capable de soigner. Il considère alors une seconde formulation : « Ma volonté est d’être capable de soigner » et accepte cette dernière, car elle ne contient rien qui puisse l’écarter de la voie qu’il s’est choisie (voir le chapitre 1 de Book of result). Il médite alors un moment sur cette phrase.

2 – Le magicien ôte toutes les lettres en double ou en triple de la formule. Ce qui donne : MAVOLNTESDRCPBIG. En effectuant cela, il médite, opérant sans cesse des liens entre la forme de ce « mot » et son intention magique.

3 – En arrangeant la disposition des lettres, par superpositions, juxtapositions, etc., le magicien crée un sigil qui sera autant que possible un schéma simplifié constitué de ces 12 lettres. Il peint alors le résultat obtenu sur du papier, du parchemin, du papyrus… en vert sur un fond rouge, car il considère que le vert est la couleur de la guérison et le rouge sa teinte complémentaire (une combinaison qui fera « flasher » son sigil). Le sigil devra être d’une bonne taille. Afin de décider du matériel adéquat et de la taille du sigil, le magicien doit savoir préalablement comment il le détruira. Il choisira également un matériel adéquat au type de rituel qu’il se propose de réaliser. Le choix dépend du système de croyances que le magicien a adopté en adéquation avec la notion de guérison.

4 – Le magicien qui a su se libérer des dogmes et des croyances qui lui ont été inculquées ou imposées est grandement avantagé. Il peut choisir la divinité et la croyance qui représenteront au mieux son intention magique. Après mûres réflexions, le magicien décide de choisir Brigitte qui, outre son caractère de déesse de la guérison, constitue également une très puissante énergie. Sa couleur est traditionnellement le vert, bien que son énergie soit rouge. Le magicien apprend autant qu’il le peut à son sujet et centre ses « émotions » sur ses divers aspects en tant que guérisseuse et énergie grâce à ce que ses recherches lui ont enseigné. Brigitte sera l’axe du rite et la connaissance acquise par le magicien lui indique que ce rite devra être païen et que l’énergie mise en jeu celle de la terre, ou plutôt du feu de la terre.

5 – Après avoir décidé d’un scénario général, le magicien choisit d’inscrire le sigil sur une écorce de bouleau, car ce matériau lui semble plus « païen » que le papier et possède une très bonne combustibilité.

6 – L’étape suivante consiste à déterminer la méthode qui sera utilisée afin d’induire un état de Gnose. Le magicien décide d’utiliser trois techniques simultanément :

Les TAMBOURS : il enregistre des morceaux à base de tambours en laissant assez de silence au début de l’enregistrement pour avoir le temps de préparer le temple et d’effectuer le bannissement initial.

Le MANTRA : « MA VOL TE SBIG » obtenu à partir de l’intention sigillaire. Le magicien répète ce mantra pendant plusieurs jours avant le rituel, en méditant sur le lien entre le son du mantra et son intention.

La danse TOURBILLONNANTE.

7 – L’efficacité d’un rituel dépend en grande partie du choix du moment adéquat. Il y a toujours eu des débats concernant ce « bon moment », habituellement déterminé par les mouvements des étoiles, ceux de la lune et par les saisons. Le magicien devra choisir le moment qu’il lui convient le mieux. En ce qui concerne notre exemple, le meilleur choix est Imbolc (2 février), cette date étant en harmonie avec la divinité invoquée. Mais le magicien peut également décider d’effectuer ce rituel lors de son anniversaire ou à la pleine lune. C’est son ressenti par rapport à la date choisie qui importe.

Un autre facteur temporel extrêmement important doit être évoqué. Durant l’état de Gnose induit par la danse, les tambours et l’incantation, le magicien doit décider à quel moment le sigil devra être chargé dans son subconscient. Aussitôt que possible après l’activation, il devra symboliquement le détruire. Il peut le faire de toutes les manières qu’il juge adéquates. Il peut : a. le déchirer en petits morceaux ; b. le jeter dans l’eau ; c. l’enterrer dans le sol ; d. le mettre dans une bouteille jetée à la mer ; e. la manger ; f. le brûler. C’est cette dernière option qui sera adoptée dans notre exemple, car l’acte de brûler l’écorce de bouleau est en sympathie avec le feu de la terre dont nous avons parlé.

La destruction du sigil donne le signal de la fin du rituel. Le magicien doit à présent en oublier le déroulement et le but. Ceci est important, car l’acte ou le processus d’oubli bloque les tergiversations et inquiétudes psychologiques concernant les résultats à venir, et accroît ainsi grandement la probabilité du succès.

8 – La question de la tenue à porter revient parfois avec plus d’insistance que celles concernant le déroulement du rituel lui-même. La réponse est simple : ne portez rien. C’est facile et cela permet une liberté de mouvement agréable. En outre, la nudité convient parfaitement à tous les types de magie. Les vêtements de tous les jours ne sont pas souhaitables. Si vous essayez de faire de la magie dans un costume trois-pièces ou en portant des jeans vous découvrirez bien vite que cela comporte de grands désavantages, à moins que ces vêtements ne soient appropriés pour l’œuvre que vous désirez accomplir.

Le Rituel

1. Le temple est vide excepté un autel simple au nord.

2. Sur l’autel : une bougie verte éclaire le sigil (qui est visible de partout dans le temple). S’y trouve également un brasero sur lequel se consume de l’encens.

3. Tenez-vous face à l’autel, régulez votre respiration et méditez sur le sigil

4. Lancez le CD avec les tambours.

5. Pratiquez le bannissement du Caltrop.

6. Faites une pause pendant une minute.

7. Commencez à chanter le mantra. Les tambours devraient s’arrêter à peu près à ce moment-là.

8. Commencez à tourner tandis que vous continuez à chanter le mantra. Le sigil est gardé fermement à l’esprit.

9. Arrêtez de tourner.

10. Tenez le sigil au-dessus de la bougie jusqu’à ce qu’il commence à flamber. Placez-le alors dans le brasero et regardez-le brûler.

11. Pratiquez le bannissement du Caltrop.

Un exemple de ritualisation avec les sigils. Extrait de l’ouvrage Book of Result de Ray Sherwin. Traduction française par Spartakus FreeMann, 2009.

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Nouvelle version de KAosphOruS, le WebZine Chaote francophone.Ce projet est né en 2002 suite à une discussion avec un ami, Prospéro, qui fut à la source d’Hermésia, la Tortuga de l’Occulte. Le webzine alors n’était pas exclusivement dédié à la Magie du Chaos, mais après la disparition de son fondateur, il a évolué vers la version que vous pouvez aujourd’hui lire.L’importance de la Chaos Magic(k) ou Magie du Chaos grandit au sein de la scène magique francophone. Nous espérons apporter notre clou au cercueil… Melmothia & Spartakus FreeMann

  1. Merci pour cette traduction Spartakus, elle enrichit grandement la sigilisation basique 😉

    Pyxiel, rejeton de molécule

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