Esotérisme, politique et philosophie

Le Programme de la Fraternité Internationale Révolutionnaire

Programme de la Fraternité Internationale Révolutionnaire

Par Michel Bakounine

Le texte qui suit, nous donne une vision de la pensée de Bakounine dans l’organisation du noyau révolutionnaire qui devrait animer la future Révolution sociale. Nous verrons que pour Bakounine, le fondement est la société secrète et cela n’est pas très étonnant lorsque l’on se souvient qu’il était membre de la franc-maçonnerie ainsi – vraisemblablement – de la charbonnerie.

Si nous ne sommes pas d’accord sur l’ensemble du programme de la Société des révolutionnaires internationaux, nous faisons nôtre les passages qui suivent, pour leur essence active de l’action et de l’organisation.

Les critiques et les idées sont les bienvenues…

Spartakus FreeMann

La Société internationale révolutionnaire se constituera en deux organisations différentes : la famille internationale, proprement dite, et les familles nationales ; ces dernières devront être partout organisées de manière à ce qu’elles restent toujours soumises à l’absolue direction de la famille internationale.

La famille internationale.

Uniquement composée de frères internationaux tant honoraires qu’actifs, elle sera la clé de voute sur laquelle reposera toute notre grande entreprise révolutionnaire. Le succès de celle-ci dépendra donc principalement du bon choix des frères internationaux.

Outre les qualités indispensables pour constituer le caractère révolutionnaire sérieux et honnête, telles que : bonne foi, courage, prudence, discrétion, constance, fermeté, résolution, dévouement sans limite, absence de vanité et d’ambition personnelle, intelligence pratique, il faut encore que le candidat ait adopté de cœur, de volonté et d’esprit tous les principes fondamentaux de notre Catéchisme révolutionnaire.

Il faut qu’il soit athée et qu’il revendique avec nous pour la terre et pour l’homme tout ce que les religions ont transporté dans le ciel et attribué à leurs dieux : la vérité, la liberté, la justice, la félicité, la bonté. Il faut qu’il reconnaisse que la morale, indépendante de toute théologie et de toute métaphysique divine, n’a d’autre source que la conscience collective des hommes.

Il faut qu’il soit comme nous l’ennemi du principe d’autorité et qu’il en déteste toutes les applications et conséquences, soit dans le monde intellectuel et moral, soit dans le monde politique, économique et social.

Il faut qu’il aime avant tout la liberté et la justice et qu’il reconnaisse avec nous que toute organisation politique et sociale, fondée sur la négation ou même sur une restriction quelconque de ce principe absolu de la liberté, doit nécessairement aboutir à l’iniquité ou au désordre et que la seule organisation sociale rationnelle, équitable, compatible avec la dignité et la félicité humaines sera celle qui aura pour base, pour âme, pour unique loi et pour but suprême la liberté.

Il doit être convaincu avec nous que la femme, différente de l’homme, mais non à lui inférieure, intelligente, travailleuse et libre comme lui, doit être déclarée dans tous les droits politiques et sociaux son égale ; que, dans la société libre, le mariage religieux et civil doit être remplacé par le mariage libre, et que l’entretien, l’éducation et l’instruction de tous les enfants devront se faire également pour tous, aux frais de la société, sans que celle-ci, tout en les protégeant soit contre la stupidité, soit contre la négligence, soit contre la mauvaise volonté des parents, ait besoin de les en séparer, les enfants n’appartenant ni à la société, ni à leurs parents, mais à leur future liberté, et l’autorité tutélaire de la société ne devant avoir d’autre but, ni d’autre mission par rapport à eux que de les y préparer par une éducation rationnelle et virile, fondée uniquement sur la justice, sur le respect humain et sur le culte du travail.

Il faut qu’il soit révolutionnaire.

Il faut qu’il comprenne en même temps que cette Révolution, cosmopolite par essence, comme le sont également la justice et la liberté, ne pourra triompher que si, dépassant comme un universel incendie les barrières étroites des nations et faisant crouler tous les états dans sa marche, elle embrasse toute l’Europe d’abord, ensuite le monde. Il faut qu’il comprenne que la Révolution sociale deviendra nécessairement une Révolution européenne et mondiale.

Que le monde se séparera nécessairement en deux camps, celui de la vie nouvelle et celui des anciens privilèges, et qu’entre ces deux camps opposés, formés comme aux temps des guerres religieuses, non plus par des attractions nationales, mais par la communauté des idées et des intérêts, il devra s’allumer une guerre d’extermination, sans merci et sans trêve ; que la Révolution sociale, contraire par toute son essence à cette politique hypocrite de non-intervention, qui n’est bonne seulement qu pour les moribonds et que pour les impuissants, dans l’intérêt même de son salut et de sa propre conservation, ne pouvant vivre et triompher qu’en se répandant, ne déposera pas le glaive avant d’avoir détruit tous les états et toutes les vieilles institutions religieuses, politiques et économiques en Europe et dans tout le monde civilisé.

Que les éléments de la Révolution sociale se trouvent déjà amplement disséminés presque dans tous les pays de l’Europe et que pour en former une puissance effective, il s’agit seulement de les concorder et de les concentrer ; que ce doit être l’oeuvre des révolutionnaires sérieux de tous les pays formés en association en même temps publique et secrète avec le double objet d’élargir le terrain révolutionnaire, et de préparer en même temps un mouvement identique et simultané dans tous les pays où le mouvement sera d’abord possible, par l’entente secrète des révolutionnaires les plus intelligents de ces pays.

Il doit comprendre qu’une association, ayant un but révolutionnaire, doit nécessairement se former en société secrète, et toute société secrète, dans l’intérêt de la cause qu’elle sert et de l’efficacité de son action, aussi bien que dans celui de la sécurité de chacun de ses membres, doit être soumise à une forte discipline, qui n’est d’ailleurs rien que le résumé et le pur résultat de l’engagement réciproque que tous les membres ont pris les uns vis-à-vis des autres, et que par conséquent, c’est une condition d’honneur et un devoir pour chacun de s’y soumettre.

Le candidat comprendra qu’on ne doit entrer dans celle-ci que pour la servir et que par conséquent elle aura droit d’attendre de chacun de ses membres une unité positive quelconque, et que l’absence de cette unité, suffisamment constatée et prouvée, aura pour résultat l’exclusion.

En entrant parmi nous, le nouveau frère devra solennellement s’engager à considérer son devoir envers cette société comme son premier devoir, en accordant la seconde place après lui à son devoir vis-à-vis de chaque membre de la société, son frère. Ces deux devoirs devront dominer désormais, sinon dans son cœur, du moins dans sa volonté, sur tous les autres.

Programme de la Fraternité Internationale Révolutionnaire, Michel Bakounine.

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Nouvelle version de KAosphOruS, le WebZine Chaote francophone.Ce projet est né en 2002 suite à une discussion avec un ami, Prospéro, qui fut à la source d’Hermésia, la Tortuga de l’Occulte. Le webzine alors n’était pas exclusivement dédié à la Magie du Chaos, mais après la disparition de son fondateur, il a évolué vers la version que vous pouvez aujourd’hui lire.L’importance de la Chaos Magic(k) ou Magie du Chaos grandit au sein de la scène magique francophone. Nous espérons apporter notre clou au cercueil… Melmothia & Spartakus FreeMann

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