Esotérisme, politique et philosophie

Han Ryner, son oeuvre, par Hem Day

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Han Ryner lui-même a classé son œuvre d’artiste, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas exposition directe de sa pensée,  en trois grandes divisions.

1° Exposé historique :

Le Fils du Silence.

Le Cinquième Évangile.

2° Exposé symbolique :

Les Voyages de Psychodore.

Les Paraboles cyniques.

3° Exposé romanesque :

Le Crime d’obéir.

Le Sphinx rouge.

Les Pacifiques.

L’exposition directe de sa pensée, Han Ryner l’a synthétisée dans : Le Petit Manuel Individualiste, le Subjectivisme, L’Individualisme dans l’Antiquité.

Certes, les quelques ouvrages cités dans les grandes divisions que je viens d’esquisser ne forment pas l’oeuvre écrite et publiée de Han Ryner, mais quelques exemples cueillis dans l’énorme production du maître. Dans chacun de ses livres, Han Ryner s’efforce à la richesse qui dit toute sa pensée — tout ce que j’ai pu saisir l’époque où j’écris le livre — et à l’unité qui groupe tout le détail autour d’un problème essentiel.

Les Voyages de Psychodore et Les Paraboles cyniques sont pour beaucoup avec l’Homme fourmi, les chefs-d’œuvre de Han Ryner. Dans les deux premiers, il a exposé merveilleusement en symboles profonds et lumineux toute sa philosophie. Ce sont ces deux livres d’ailleurs qui l’ont fait élire prince des conteurs philosophiques.

Faisant suite à son premier roman Chair vaincue, Han Ryner publie : Ce qui meure, d’où plus tard les Humbles, de Maurice Wullens, en donnera quelques fragments dans Le Livre de Pierre, qu’illustrera de bois merveilleux Gabriel Belot, en collaboration avec Alphonse Daudet Vie d’enfant, ensuite L’Humeur inquiète, la Folie de misère, le Soupçon, la Fille manquée.

Le Crime d’obéir, cet éloquent plaidoyer où Han Ryner essaye de dire un héros au caractère désintéressé antipathique à la foule de son temps et de son pays même, est le roman dans lequel l’objection de conscience est développée et affirmée admirablement, mais le Crime d’obéir est en plus une mordante satire des mœurs littéraires de l’époque.

Han Ryner examine dans le Crime d’obéir le problème de la violence et il reviendra à la charge dans deux autres ouvrages qu’il publiera plus tard : Le Sphinx Rouge et Les Pacifiques. Dans les deux premiers, Han Ryner étudie le problème de la violence pour un ou quelques individus, dans le dernier, il examine la question pour tout un peuple.
Tandis que Maurice Maeterlinck faisait paraître la Vie des Abeilles, Han Ryner nous offrait l’Homme Fourmi : « un prétexte à blâmer nos orgueils, à nous qui, par les sens, sommes inférieurs à tant d’animaux, à nous qui souvent croyons tout savoir et dont l’intelligence très probablement doit errer magnifiquement parmi une foule d’erreurs
insoupçonnées ».

Venons-en au Père Diogène, longue satire sociale, écrite avec une verve bien Rynérienne et qui pourrait être une sorte d’autobiographie fantaisiste d’une humoristique philosophie. Le Nouveau Diogène de Han Ryner, professeur de philosophie cynique qui essaye de vivre la vie de son ancêtre quelque vingt siècles après, peut apparaître aux lecteurs comme un fou inoffensif ou un simple toqué. Vous y trouverez peut-être un précurseur et vous aurez raison.

Coup sur coup paraîtront : l’Autodidacte, l’Aventurier d’amour, l’Amour plural, Prenez-moi tous, la Soutane et le Veston.

Pour ses exposés symboliques, Han Ryner s’est inspiré de fictions d’histoire et de légende : Les Voyages de Psychodore, les Chrétiens et les Philosophes, le Cinquième Évangile, le Fils du Silence, Les Paraboles Cyniques, la Tour des Peuples, les Apparitions d’Ahasvérus, les Véritables Entretiens de Socrate ; autant d’oeuvres qui témoignent une riche érudition et qui laissent au maître écrivain cette liberté entière et si personnelle d’interpréter  l’histoire de la pensée humaine avec grandeur et noblesse.

Mais Han Ryner ne s’est point arrêté en si bon chemin. Son imagination sans cesse renouvelée par un labeur constant autant que persévérant, nous a donné dans ce domaine de la fiction de l’histoire et de la légende d’autres ouvrages où sa pensée toujours ravissante nous promenait vers d’autres cimes : L’Ingénieux Hidalgo Miguel Cervantes, La Vie Éternelle, Les Surhommes, Songes perdus, Crépuscules, Dans le Mortier, Chère Pucelle de France, Bouche d’Or, Patron des Pacifistes, Les Orgies sur la Montagne. Quoi qu’il ait peu écrit pour le théâtre, Han Ryner a cependant trouvé là un précieux instrument pour communiquer au monde ses rêves et sa pensée, qu’il nous offrit dans : Jusqu’à l’Âme, Les Esclaves, Vive le Roi, Le Manœuvre ; les Cahiers de l’Aristocratie ont publié après sa mort La Beauté qui est une légende dramatique.

À côté des essais déjà cités en parlant de l’exposition directe de sa pensée et auxquels on peut rattacher : La Paix pour la Vie, où Han Ryner oppose à la formule Darwinienne de la ‘Lutte pour la Vie’, la nécessité de l’entraide fraternelle, s’ajoutent Le Drame d’être Deux, Controverse avec Mme Aurel dans lequel il est parlé amour ou amitié, La Sagesse qui rit, œuvre qu’on peut qualifier de majeure puisqu’il y travaillait depuis plus de vingt ans, les Synthèses Suprêmes, ébauche de ses rêveries familières et de sa métaphysique pluraliste.

Ce grand poète ne nous a donné qu’un recueil de poèmes : Les Chants du Divorce publiés en 1892. Il ne faut point trop les invoquer puisque l’auteur lui-même n’aime guère qu’on en parle. Sans doute, mais toute l’œuvre de Han Ryner n’est-elle pas un long poème à l’adresse de la vie noble et belle où la sagesse du philosophe chante l’amour des hommes et de l’humanité tout entière.

A tout cela Han Ryner ajoute un ample labeur de critique et de conférencier. Dans deux ouvrages : Le Massacre des Amazones, et Prostitués, il a dénoncé les imposteurs et les bas bleus en remettant en place les valeurs littéraires galvaudées, oubliées ou trahies par les valets du porte-plume au service des puissances qui façonnent l’opinion et la pensée des mondes. Nombre de ses conférences ont été publiées : Jules Renard, Claude Tillier, Ibsen, ainsi que ses controverses avec l’Abbé Violet, P.-L. Couchoud ; Dieu existe-t-il ?

La Vérité sur Jésus, et si nous y joignons Contre les Dogmes, Petite Causerie sur la Sagesse, André Ibels, Banville d’Hostel, nous aurons épuisé l’énumération de son œuvre écrite laquelle je ne puis mieux faire que de vous conseiller de la lire afin de vous réaliser davantage chaque jour pour la joie de vous-même et de ceux qui vous entourent.

Han Ryner, son oeuvre, par Hem Day. Revue Spiritualité. No 7 & 8. 15 juin — 15 juillet 1945

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L’importance de la Chaos Magic(k) ou Magie du Chaos grandit au sein de la scène magique francophone. Nous espérons apporter notre clou au cercueil…
Melmothia & Spartakus FreeMann

  1. Un chacha un titi

    Excellent ! Cette petite mise au point concernant les anciennes méthodes et les nouvelles… trés instructif ! Merci.

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